Philippe Cros nous a quittés

Baisers volley…


C’est du côté du gymnase de La Rose Fuveau à Marseille, sorte d’annexe du SMUC dédiée au volley-ball, que le cœur de Philippe Cros a connu ses derniers emballements. Avant de s’arrêter de battre, la semaine dernière, ne pouvant plus opposer de contres aux attaques de la maladie.


La Rose était devenu au fil des dernières saisons une sorte de havre pour lui qui avait pris du recul avec Jean Bouin, cultivant parfois la solitude à dessein, n’était cet univers du service flottant, des passes tendues et des smashes ébouriffants.

Car le volley était bel et bien sa vie à Philippe, joueur émérite dès l’âge de 15 ans sous la houlette d’André Grandvuillemin, puis jeune dirigeant aussi incontournable autant qu’inclassable. Des années fastes, de la nationale 1, des figures tutélaires, Franchi, Meucci, Hanania, N’Guyen en tête, il ferait son miel. De la dernière décennie il ferait son sel. Smuciste indécrottable, fêtard invétéré, il n’était jamais en retard d’une idée, pour essayer de faire avancer le club. Si d’autres s’affirmaient comme des leaders d’évidence, lui était un suiveur d’efficience. Sur qui la section si chère à Jean-François Fuillet, son plus proche compagnon de route à Clot Bey, pouvait compter, du côté des filles tout spécialement, avant que les forces ne lui manquent.

Sa culture du SMUC était sans faille, acquise à force de week-ends passés à Bergasse, au bord des terrains de foot ou de rugby, autour de la piste d’athlé. Cette culture lui permettait de servir des anecdotes comme autant de tournées au comptoir du club house. Et Dieu sait qu’elles étaient nombreuses…


De sa carrière dans la presse, dans les pas de Coco Bartoli, il avait gardé ce sens du détail, de l’info à chaud, des histoires qu’il fait bon raconter. Et il ne s’en privait pas. Sa compagnie était l’assurance d’enrichir son viatique gris et noir.

La vie ne lui avait pas forcément fait tous les cadeaux et sa carrière de vieux garçon l’avait sans doute privé d’une compagnie salutaire, mais l’amitié allait prendre le quart pendant plus de 60 ans de licences smucistes.  Sans compter son adhésion du premier jour au Cercle Gris et Noir.   

Pour avoir vécu paradoxalement sans filet, lui ce pointu qui s’ignorait, il savait les risques encourus, et assumés, à brûler sa vie par tous les feux.

Les prochains ballons de la Rose, auront la trajectoire un peu triste, avant de  retomber en autant de points gagnants. Comme pour assurer la mémoire de ce cher Philou de tous nos baisers volley…

                                                                                

JLK


 
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